Questions fréquentes


D’où est venue l’idée d’associer la bande dessinée Tintin au management ?

Renée Rivest obtient, à l’hiver 1994, un mandat de formation sur le management. Le programme prévoit des sessions obligatoires d’une durée de 3 jours consécutifs en salle pour plus de 250 personnes. Le défi est de taille. Elle ne se voyait pas animer ces sessions de façon magistrale et traditionnelle. Elle partage avec son collègue de l’époque sa préoccupation et ils conviennent qu’il faut animer ce programme autrement. Renée utilisait déjà des animaux pour illustrer certains concepts de communication, mais intuitivement, elle pressentait que cette métaphore ne conviendrait pas. Elle devait trouver autre chose. L’exploration des bandes dessinées émergea tout naturellement, d’abord avec les Dalton, Spirou, Astérix pour finalement tomber sur Tintin. La surprise fut totale. La ressemblance des personnages principaux de l’œuvre de Hergé avec la grille de Blake et Mouton est frappante. Elle tente l’aventure. Papier, crayon et métaphore en poche, Renée illustre pour la première fois les rapprochements entre les personnages et les concepts de communication, de leadership et de travail d’équipe. Le succès fut immédiat. Ne restait plus qu’à demander les droits d’utilisation auprès de la Fondation Hergé … une autre grande aventure commença.

Pourquoi n’y a-t-il pas de personnages féminins ?

Simplement parce que Hergé, dans sa logique de l'époque, n'appréciait pas faire de l'humour en utilisant des caractères féminins. Certains diront que la Castafiore aurait fait un beau personnage de référence. Selon l’étude que nous en avons faite, elle serait du profil Tournesol ascendant Haddock.

Au-delà de la question des personnages féminins ou masculins, nous faisons davantage référence à des personnes qui ont des profils de type Tournesol, Dupondt, Haddock, Milou ou Tintin; ce qui permet de parler de l'être humain en général sans distinction à leur genre, à leur origine ethnique, à leur groupe d’âge ou à leur statut.

Quel est le profil de gestionnaire idéal ?

Selon nous, il n’y a pas de profil idéal. Bien sûr, certaines habiletés sont nécessaires, mais au-delà de ces habiletés, le niveau de conscience de ses forces, de ses limites ainsi qu’un niveau de maturité élevé ont plus d’influence. Savoir s’entourer de personnes complémentaires, savoir faire émerger et mettre à contribution la richesse de chacun des membres de son équipe dans la réalisation des objectifs communs est certes la plus grande habileté chez un bon gestionnaire.

Visite à Moulinsart

Comment décrire ce qu’on ressent lorsqu’on entre dans les Studios Hergé. L’expérience est certes très personnelle. Il me fait plaisir de vous la partager, car je sais que les visiteurs de ce site savent en apprécier la valeur. Tout d’abord, n’entre pas qui veut dans ce sacro-saint univers où ont été créé tant d’images. Je n’ai eu ce privilège qu’à ma seconde visite à Bruxelles. L’expérience sort du réel comme si l’espace-temps était modifié, comme si les époques s’entremêlaient d’aventures de mon enfance avec le monde très actuel que nous connaissons aujourd’hui. Le mélange est confondant. Mythe et réalité se rejoignent en un même point de rencontre… c’est du moins ainsi que je l’ai vécu.

Ma première visite

Je me souviens lorsque j’ai pris le taxi qui m’amenait vers le célèbre 162, avenue Louise à Bruxelles, mon cœur ne tenait plus en place. Le chauffeur de taxi me laissa à l’adresse convenue et je suis restée très surprise par la simplicité des lieux. Je crois que je m’attendais, bien naïvement je m’en confesse, à me retrouver devant un édifice ressemblant, à quelque chose près, au Château de Moulinsart. L’édifice est frappant par sa simplicité, aucune enseigne n’affiche l’inscription de Moulinsart, des Studios Hergé ou encore même de la Fondation Hergé de l’extérieur. Cette sobriété me surprend. Je suis tout d’abord déçue, je vérifie de nouveau l’adresse, je suis bien au 162, avenue Louise. J’entre dans le hall principal. Me voilà rassurée, je suis au bon endroit. Je monte à l’étage par un minuscule ascenseur qui m’amène aux bureaux de la Société Moulinsart SA. Les portes s’ouvrent et je me sens de nouveau le cœur serré. Je suis arrivée! Je rencontre les responsables commerciaux, ils m’accueillent chaleureusement et nous débutons assez rapidement nos séances de travail. Ma première visite terminée, nous décidons de nous revoir dans quelques mois afin de concrétiser davantage nos projets de collaboration.

Ma deuxième visite

Après une session de travail concluante, on me propose de me faire visiter la Maison. Ce que j’accepte avec un immense plaisir. Le chauffeur personnel de Georges Rémi (Hergé) est mon guide. Je suis très touchée et émue, j’ai l’impression que je suis en train de vivre un rêve éveillé. Il me fait monter à l’étage des célèbres Studios Hergé, là même où Georges Rémi a travaillé avec son équipe de collaborateurs à la création de nombreux albums de Tintin. Mes yeux ne sont plus assez grands pour tout voir. Même si les Studios ont été réaménagés en espaces de bureaux pour le personnel administratif et les spécialistes en infographie, la présence de Hergé est palpable. Quel plaisir de voir la statue grandeur nature de l’île où sont débarqués nos célèbres compères dans le Trésor de Rackham Le Rouge, de voir les chapeaux melon de Dupond et Dupont, de voir le tableau du Chevalier François de Haddoque, de voir les nombreuses photos de Hergé. J’ai l’immense privilège de rencontrer le documentaliste qui s’occupe des archives de Hergé depuis de nombreuses années. Il me permet de voir des planches originales dessinées par Hergé lui-même et de lire différentes pièces de courrier que ce dernier a échangées avec ses lecteurs. J’ai pu constater par moi-même la gentillesse de Hergé et la relation privilégiée qu’il entretenait avec ses lecteurs. Cela m’a beaucoup émue et je prenais également conscience de la chance inouïe que j’avais d’être dans ces lieux. Comble de bonheur, j’ai la chance de rencontrer brièvement Fanny Rodwell. J’ai la tête qui tourne un peu et je crois que je ne réalise pas tout ce qui arrive.

J’ai eu depuis le privilège de retourner plusieurs fois à Bruxelles et de travailler avec l’équipe de la Société Moulinsart SA et des Studios Hergé et chaque fois la magie s’est opérée. Je suis consciente de la richesse de notre collaboration et je sais qu’une relation de confiance s’est établie entre nous au cours des 10 dernières années. Elle s’est basée principalement sur le respect des règles d’éthique qui entourent le respect de l’œuvre, car malheureusement, trop de personnes ne sont pas conscientes du vœu de Hergé à l’égard du respect de son travail et utilisent les images à tous vents. Quel dommage !

J’espère, par rapport au livre que je viens de publier, que les personnes qui le liront auront également ce même soucis d’éthique par rapport à ma méthodologie et sauront en honorer sa richesse sans chercher à la banaliser.

Bonne lecture et merci pour votre passion qui permet à l’œuvre de Hergé de continuer à être vivante.